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Prix et aides

Tarif de rachat photovoltaïque 2026: ce qui a changé le 5 juin

Le 5 juin 2026, le tarif d'achat du surplus est tombé à 1,1 centime par kWh et la prime à l'investissement a disparu pour les nouvelles demandes. Voici ce que le nouveau régime change concrètement, et ce que conservent les contrats antérieurs.

myosolar Editorial Team, RédactionPublié 2 août 2026Mis à jour 3 août 20267 min de lecture

Comment nous vérifions chaque chiffreDernière vérification 3 août 2026

Bâtiment agricole équipé de panneaux solaires dans la campagne française

L’essentiel

  • Depuis le 5 juin 2026, le surplus photovoltaïque des nouvelles demandes est acheté 1,1 centime par kWh, un tarif fixe sur 20 ans et non indexé.
  • La prime à l'investissement est supprimée pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026; les contrats antérieurs gardent leur tarif et leur prime.
  • 1 000 kWh de surplus injectés rapportent désormais 11 euros par an, contre 40 euros sous le régime précédent.
  • La vente totale n'existe plus pour les nouvelles installations jusqu'à 100 kWc: le seul schéma soutenu est l'autoconsommation avec vente du surplus.
  • Chaque kWh autoconsommé évite environ 23,8 centimes d'achat au réseau, 22 fois la valeur d'un kWh vendu: la rentabilité se joue désormais là.

Depuis le 5 juin 2026, toute nouvelle installation photovoltaïque résidentielle vend son surplus 1,1 centime par kWh, sans prime à l'investissement. C'est l'effet de l'arrêté du 1er juin 2026, qui s'applique à toutes les demandes complètes de raccordement déposées à partir de cette date pour les installations jusqu'à 100 kWc. Les contrats issus de demandes antérieures ne sont pas touchés: leurs conditions restent figées pour toute la durée du contrat. Ce changement ne rend pas le solaire inutile, il déplace presque entièrement son intérêt économique vers l'autoconsommation. Cet article détaille les nouveaux chiffres, ce que gardent les anciens contrats, et ce qu'il faut désormais vérifier avant de signer.

Ce que l'arrêté du 1er juin 2026 a changé

L'arrêté du 1er juin 2026 modifie l'arrêté tarifaire dit S21 du 6 octobre 2021, qui organise l'obligation d'achat pour les installations sur bâtiment, hangar ou ombrière. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) en a détaillé le contenu dans son avis n° 2026-92. Pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026, quatre points changent concrètement:

  • Le tarif d'achat du surplus passe à 1,1 centime par kWh (11 euros par MWh), identique pour toutes les installations de 0 à 100 kWc.
  • Ce tarif est fixe pendant les 20 ans du contrat et il n'est pas indexé: la CRE précise qu'il n'évolue ni au cours du contrat, ni pour les futures demandes.
  • La prime à l'investissement, encore de 80 euros par kWc jusqu'au 4 juin 2026 pour les installations jusqu'à 9 kWc, est supprimée.
  • La vente en totalité disparaît pour le segment de 9 à 100 kWc; elle avait déjà été supprimée pour les installations jusqu'à 9 kWc par l'arrêté du 26 mars 2025.

Un détail supplémentaire compte: le surplus n'est rémunéré que pendant les pas de temps où le prix de marché est positif. Les heures à prix négatifs, de plus en plus fréquentes en milieu de journée ensoleillée, ne donnent droit à aucun versement.

Les tarifs applicables selon la date de votre demande

Le principe du dispositif n'a pas changé: c'est la date de dépôt de la demande complète de raccordement qui fige vos conditions d'achat, pas la date de mise en service. Voici la situation par période pour une installation résidentielle:

Conditions d'achat du surplus pour une installation jusqu'à 9 kWc, selon la date de la demande complète de raccordement (source: CRE, avis n° 2026-92)
Demande déposéeTarif du surplusPrime à l'investissementVente totale
Depuis le 5 juin 20261,1 centime/kWh, fixe 20 ans, non indexéSuppriméeNon disponible
De fin mars 2025 au 4 juin 20264 centimes/kWh80 euros/kWcNon disponible
Avant fin mars 2025Tarif du trimestre de la demande, garanti 20 ansSelon le barème de l'époquePossible selon le contrat signé

L'ordre de grandeur mérite d'être posé: 1 000 kWh de surplus injectés rapportent désormais 11 euros par an, contre 40 euros sous le régime précédent, prime non comprise. Pour une installation de 6 kWc produisant environ 6 600 kWh par an (sur la base d'un productible médian de 1 100 kWh par kWc et par an en France) dont 70 % partent au réseau, le revenu annuel de la vente passe d'environ 185 euros à environ 51 euros.

Ce que conservent les contrats antérieurs

Si votre demande complète de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026, rien ne change pour vous. Le tarif inscrit dans votre contrat d'achat reste garanti pour ses 20 ans, et la prime accordée sous l'ancien régime reste due selon son barème d'origine. L'arrêté du 1er juin 2026 ne s'applique qu'aux demandes déposées à compter du 5 juin 2026.

Concrètement, une demande déposée le 3 juin 2026 relève encore de l'ancien régime: 4 centimes par kWh de surplus et 80 euros par kWc de prime, soit 480 euros pour 6 kWc. La même installation, demandée deux jours plus tard, perçoit 1,1 centime et aucune prime. Conservez la preuve de la date de dépôt: c'est elle qui fait foi.

Vente du surplus ou vente totale: la question ne se pose plus

Pendant des années, le choix entre tout vendre et vendre le surplus structurait les projets résidentiels. Ce choix a disparu en deux temps: l'arrêté du 26 mars 2025 a retiré la vente totale aux installations jusqu'à 9 kWc, celui du 1er juin 2026 l'a retirée au segment de 9 à 100 kWc. Pour une nouvelle demande résidentielle, il ne reste que deux schémas:

  • L'autoconsommation avec vente du surplus: vous consommez votre production en priorité et injectez le reste, acheté 1,1 centime par kWh dans le cadre de l'obligation d'achat, via un contrat de 20 ans.
  • L'autoconsommation totale sans injection: vous signez une convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) avec Enedis et renoncez à vendre. À ce niveau de tarif, chaque millier de kWh non vendu ne représente que 11 euros par an de manque à gagner, ce qui explique que certains foyers choisissent la simplicité administrative.

Autrement dit, le tarif d'achat ne finance plus l'installation. Il évite seulement de donner le surplus gratuitement.

La vente du surplus en pratique

Le circuit administratif, lui, n'a pas changé. La demande de raccordement se fait en ligne auprès d'Enedis, le plus souvent par votre installateur qui agit comme mandataire. L'attestation de conformité du Consuel reste obligatoire avant la mise en service. Le contrat d'achat du surplus, d'une durée de 20 ans, est ensuite conclu dans le cadre de l'obligation d'achat, avec EDF OA pour la quasi-totalité des particuliers. Le compteur Linky mesure séparément l'énergie soutirée et l'énergie injectée, ce qui permet de suivre les flux depuis votre espace client Enedis.

À 1,1 centime par kWh, un point mérite une vigilance nouvelle: les frais que certains installateurs facturent pour « gérer les démarches » de vente du surplus. Quelques dizaines d'euros de frais annuels suffisent à absorber tout le revenu de l'injection d'une installation familiale. Demandez le détail avant de signer.

Pourquoi l'État a réduit le soutien

L'avis de la CRE éclaire la logique du changement. Le régulateur juge le niveau de 11 euros par MWh « globalement cohérent avec la valeur économique actuelle du surplus injecté », une fois décomptés les frais de gestion et les coûts d'équilibrage. Le segment des installations de 0 à 100 kWc dépassait par ailleurs nettement ses objectifs de développement: 80 MWc raccordés au premier trimestre 2026, pour une cible de 61,5 MWc.

La CRE émet aussi une réserve qui mérite d'être lue: la valeur du surplus « dépend fortement des conditions de marché », et un tarif fixé une fois pour toutes garantira difficilement la neutralité budgétaire sur 20 ans. Le niveau de 1,1 centime n'est donc pas une loi de la nature, c'est un choix réglementaire, qu'un prochain arrêté peut toujours modifier pour les demandes futures.

Ce que cela change pour un projet en 2026

L'équation est devenue simple à énoncer. Chaque kWh autoconsommé vous évite d'acheter un kWh au réseau, soit environ 23,8 centimes TTC au tarif réglementé d'août 2026 (valeur déduite de la facture type publiée par la CRE: 1 072 euros TTC pour 4 500 kWh par an). Chaque kWh injecté rapporte 1,1 centime. Un kWh consommé sur place vaut donc environ 22 fois plus qu'un kWh vendu.

Trois conséquences pratiques en découlent. D'abord, dimensionnez l'installation sur votre consommation réelle, pas sur la surface de toit disponible: les kWh excédentaires ne rapportent presque rien. Ensuite, déplacez vos usages vers les heures solaires; l'ADEME estime qu'autoconsommer 45 % de sa production au lieu de 25 % rend une installation résidentielle rentable en moyenne 5 ans plus tôt. Enfin, surveillez le prix d'achat au kWc: la TVA réduite à 5,5 %, appliquée depuis le 1er octobre 2025 aux installations résidentielles jusqu'à 9 kWc qui respectent des critères environnementaux, amortit une partie du choc, mais elle ne remplace pas la prime disparue.

Le nouveau régime pénalise surtout les projets surdimensionnés vendus sur la promesse d'un « revenu solaire ». Un projet calé sur la consommation du foyer garde en revanche un sens économique réel. Avant de vous engager, demandez des devis d'installateurs de votre région et exigez que le calcul de rentabilité affiche le tarif de surplus à 1,1 centime: c'est le test le plus rapide du sérieux d'un vendeur.

Questions fréquentes

Quel est le tarif de rachat du surplus photovoltaïque en 2026?
Pour toute demande complète de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026, le surplus est acheté 1,1 centime par kWh (11 euros par MWh), un tarif fixe pendant les 20 ans du contrat et identique de 0 à 100 kWc. Les demandes déposées entre fin mars 2025 et le 4 juin 2026 conservent 4 centimes par kWh, avec une prime de 80 euros par kWc jusqu'à 9 kWc.
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026?
Non pour les nouvelles demandes: l'arrêté du 1er juin 2026 la supprime pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026. Les installations dont la demande est antérieure conservent la prime prévue par le barème en vigueur à la date de leur demande.
Mon contrat signé avant juin 2026 est-il modifié?
Non. Les conditions d'achat sont figées à la date de la demande complète de raccordement et garanties pendant toute la durée du contrat, soit 20 ans. Vous n'avez aucune démarche à faire pour les conserver.
Peut-on encore vendre la totalité de sa production solaire?
Non pour une nouvelle demande jusqu'à 100 kWc. La vente totale a été supprimée pour les installations jusqu'à 9 kWc par l'arrêté du 26 mars 2025, puis pour le segment de 9 à 100 kWc par l'arrêté du 1er juin 2026. Les deux schémas restants sont la vente du surplus et l'autoconsommation totale sans injection.
Pourquoi le tarif de rachat est-il tombé à 1,1 centime?
La CRE juge ce niveau cohérent avec la valeur de marché actuelle du surplus injecté, frais de gestion et coûts d'équilibrage déduits. Le segment de 0 à 100 kWc dépassait en outre ses objectifs de développement, avec 80 MWc raccordés au premier trimestre 2026 pour une cible de 61,5 MWc.
Le surplus est-il payé pendant les heures à prix négatifs?
Non. Sous le nouveau régime, le tarif de 1,1 centime n'est versé que pendant les pas de temps où le prix de marché est positif. Les heures à prix négatifs, plus fréquentes en milieu de journée ensoleillée, ne sont pas rémunérées.
Vente du surplus ou autoconsommation totale sans injection: que choisir?
Financièrement, la vente du surplus reste légèrement gagnante, puisque chaque millier de kWh injecté rapporte 11 euros par an. Certains foyers préfèrent pourtant la convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) signée avec Enedis pour éviter la gestion d'un contrat d'achat. À ce niveau de tarif, les deux choix se défendent.

Sources

  1. CRE, avis n° 2026-92 sur le projet d'arrêté modifiant l'arrêté tarifaire S21cre.fr
  2. photovoltaique.info (Hespul), détail des modifications de l'arrêté S21 et nouveau tarif uniquephotovoltaique.info
  3. CRE, communiqué sur les tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er août 2026cre.fr
  4. Service-public.fr, panneaux solaires: vendre le surplus (TVA, contrat d'achat)service-public.gouv.fr
  5. economie.gouv.fr, installation de panneaux solaires: les aideseconomie.gouv.fr
  6. ADEME, avis sur l'autoconsommation individuelle d'origine photovoltaïque, janvier 2025ademe.fr
  7. Enedis, raccorder une installation de production d'électricitéenedis.fr

Nous vous prévenons quand les règles changent

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La France a baissé son tarif de surplus le 5 juin 2026, l’Allemagne baisse de 1 pour cent le 1er février 2027, la Suisse passe à des prix horaires le 1er janvier 2027. Vous l’auriez su.

Rédigé par

myosolar Editorial Team

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La rédaction de myosolar vérifie et met à jour chaque article avec des sources citées.

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